C'était à l'époque : la toute première cabane de villégiature
Il suffit de jeter un œil à la photographie d'époque présentée dans cet article, prise en 1972, pour découvrir des Maldives complètement différentes de celles que l'on imagine généralement aujourd'hui. Les complexes hôteliers de classe mondiale, les superbes piscines à débordement et les hors-bord glamour des riches et célèbres sont introuvables. À la place, on ne voit que le charme rustique d’un touriste italien debout devant les tout premières « chambres », ou cabanes, du Kurumba Village, aujourd’hui Kurumba Maldives, sur l’atoll de Malé-Nord.
On ne pourrait imaginer plus grand contraste avec la prouesse technologique qui équipe et entoure aujourd’hui pratiquement tous les complexes hôteliers modernes du pays. Pourtant, en 1972, les toitures et les bardages de chaque chambre étaient fabriqués à la main à partir de bois de cocotier et de feuilles de palmier, les sols étaient en corail et en ciment brut, et l’électricité alimentant les ampoules provenait d’un modeste générateur de 20 W. Ces 32 chambres modestes faisaient partie du tout premier complexe hôtelier construit aux Maldives, et elles ont marqué les débuts de ce qui est aujourd’hui une industrie pesant plusieurs milliards de dollars, leader mondial dans l’art du luxe, de l’élégance et de l’exclusivité tropicale.
Conçue par des entrepreneurs ambitieux et visionnaires, l’idée du complexe de Kurumba Village est née d’une rencontre fortuite avec George Corbin, un aventurier et organisateur de voyages italien qui s’était rendu aux Maldives au début des années 1970 et en était resté « sans voix ».
L’intimité et l’isolement sont ce qui fait aujourd’hui la renommée mondiale des complexes hôteliers des Maldives, mais à l’époque, il n’y avait littéralement rien pour troubler la sérénité et l’isolement paradisiaque de ces îles tropicales. Après sa première visite, Corbin est revenu accompagné d’un petit groupe de riches clients italiens venus de Milan, ainsi que d’une poignée de photographes et d’écrivains spécialisés dans le voyage, afin de profiter pleinement de la beauté océanique infinie de ces atolls préservés, mais aussi d’étudier les possibilités de créer une agence de tourisme pour cette destination pratiquement inconnue.
La construction du complexe hôtelier Kurumba, situé sur l’île de Vihamanaasfushi à environ 3 km de la capitale Malé, a préfiguré la politique désormais officielle du « une île, un complexe hôtelier » — une politique qui a si bien servi les Maldives en termes de respect des infrastructures fragiles du pays, tout en offrant le summum de l’intimité haut de gamme.
Les entrepreneurs locaux ont investi tout leur argent, leurs efforts, leur temps et leur travail dans la construction du tout premier complexe hôtelier du pays, même s’ils doutaient constamment de savoir si cette aventure serait une folie coûteuse ou un immense succès. Pourtant, bien que leur travail ait souvent été frustrant et éreintant, les clients ont absolument adoré le résultat, qu’ils ont perçu comme un retour à la nature.
Les chambres, construites en corail et en bois de cocotier, offraient une vue sur la plage et disposaient d’une salle de bains privative sobre, sans parler des magnifiques récifs maison et des lagons turquoise, qui ont contribué à rendre ces vacances inoubliables. Peu après, d’autres touristes ont commencé à affluer, cette fois-ci en provenance de Suède et d’Allemagne, et étaient désormais transportés à bord du « Cola Boat » depuis le petit aéroport de Malé jusqu’au village de Kurumba. Peu après, le tourisme a commencé à prendre de l’ampleur dans tout le pays, et le reste appartient à l’histoire.
Depuis que cette photographie emblématique a été prise, le Kurumba Maldives a été réaménagé et rénové à plusieurs reprises ; c’est aujourd’hui un complexe hôtelier de luxe proposant des bungalows, des villas, un spa de classe mondiale, différents restaurants et toutes les commodités technologiques que l’on est en droit d’attendre d’un séjour aux Maldives.